Mardi, au titre de ma délégation à l’Insertion, je représentais le conseil général à la réunion publique de Vaulx-en-Velin, préparatoire à l’annonce par Nicolas Sarkozy le 8 février du plan ”Espoir Banlieue”.
Le centre Charlie Chaplin est bondé. Dehors : 200 manifestants CGT et PC, et des tracts des élus socialistes qui préfèrent le boycott à l’échange. Dedans : 1000 personnes des quartiers de la banlieue, de tous styles et de toutes origines, impatientes d’en savoir plus, d’en dire plus. Bien embarrassé, le maire de Vaulx-en-Velin, lui, s’efforce d’être en même temps dehors et dedans.
Aux commandes de la réunion, deux femmes, deux ministres, deux parcours, deux personnalités : Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville, et Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la Politique de la Ville, et naguère responsable du mouvement “Ni Putes ni Soumises”, qui combat l’intolérance intégriste vis à vis des femmes dans certains quartiers. L’une, icône de la droite sociale, porte sur elle la puissance de sa conviction au service de la personne humaine dans son intégrité. L’autre, aussi combative qu’attachante, prouve que l’on peut se dire pleinement français(e) sans renier ses origines.
Au-delà des postures réelles ou supposées, un même discours : seul un effort massif pour l’éducation, l’emploi et le désenclavement des quartiers périphériques permettra la promotion sociale et professionnelle de l’immense majorité des jeunes de ces quartiers qui en veulent.
Je tends l’oreille quand Christine Boutin affirme que la Politique de la Ville doit prendre en compte les quartiers centraux aussi bien que les banlieues : la Ville est une. Enfin une vision qui rassemble.
Retour en Presqu’île : réunion hier soir dans un immeuble HLM de l’OPAC du Rhône, à Perrache. Je suis invité par la famille G., qui a réuni chez elle dix locataires et souhaité la présence du conseiller général du quartier pour appuyer sa démarche (l’OPAC du Rhône dépend du conseil général).
Dialogue avec les responsables de l’OPAC sur les améliorations attendues dans la vie de l’immeuble : réparer l’ascenseur qui est bruyant, mieux entretenir les parties communes, simplifier l’accès au réparateur de chaudières etc…
Je propose en conclusion la rédaction d’une charte de bonnes pratiques entre l’OPAC et les locataires de l’immeuble. Proposition bienvenue, me semble-t’il.
Ce qui me ravit, c’est l’entente palpable entre les locataires dans leur diversité culturelle. La clé du succès : la responsabilité vis à vis du bien commun. Je me sens bien parmi eux. Leur solidarité est évidente. Je les quitte, trop tôt à mon goût, pour filer à l’assemblée générale du comité d’intérêt local Sud Presqu’ïle. Là aussi : entente, écoute mutuelle, respect de l’autre.
J’aurais bien voulu montrer à Christine et Fadela comment, au coeur de Lyon aussi bien qu’en banlieue, la qualité des liens entre les personnes s’enracine dans la bonne foi.