Entre la poire et le fromage : un week-end de campagne…

…de campagne électorale, bien sûr, mais aussi de campagne sur les étals parmi fruits et légumes.

 

Samedi 10h quai Saint-Antoine. C’est le jour qui voit la plus grande proportion d’habitants de la Presqu’île. C’est aussi mon marché familial.

 

Plaisir de sal408.jpguer le rôtisseur (”mangez du poulet, c’est bon pour les mollets!”) et mes amis producteurs de fruits et légumes de Chasselay. Jean-Pierre et Christiane qui tiennent la buvette près de la passerelle nous offrent le café et nous annoncent qu’ils vont ouvrir un banc d’huîtres. Ciel gris, puis fine averse. Pas de quoi décourager Christiane (une autre !) et Delphine qui m’accompagnent pour distribuer ma lettre . Leur gentillesse, et surtout leur connaissance des habitués du marché, sont précieuses. Ma lettre est bien accueillie, dans la main ou directement dans le caddie (vivement un service de “groom” et de consigne pour aider les clients à porter leurs sacs !).

 

Compte tenu de la faible visibilité de l’élection au conseil général dans un centre urbain, je me fais pédagogue en martelant que l’élection cantonale (pour élire le conseil général du Rhône) aura lieu le même jour que l’élection municipale dans le même bureau de vote (1° tour : 9 mars, 2° tour : 16 mars). Beaucoup d’encouragements, mais aussi de questions et de remarques : logement, incivilités, vie du quartier (la rénovation de la place des Jacobins qui se fait attendre depuis 4 ans, l’absence de places d’accueil en crèche…). Sans parler des commerçants du marché qui ont vu leur redevance municipale exploser sans aucun service nouveau pour eux ou leurs clients. 

 

J’en profite pour rapporter à la maison les meilleures poires du monde, de la variété “doyenné du comice” : volumineuse et ronde, fondante et sucrée, avec des reflets roses. Un régal avec le fromage.

 

Dimanche 9h30 cours Bayard. C’est là que bat le cœur du “village” de Perrache. C’est là que circulent les infos du quartier. Je sais que je vais retrouver les responsables d’associations et tous les Perrachois de vie et de cœur. Je salue des jeunes ménages récemment installés dans le quartier : ils ont l’impression d’entrer dans une véritable famille, avec ses codes et ses figures.

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Moins nombreux que par le passé, les commerçants tiennent bon, comme mon producteur de fromages fermiers des Monts du Lyonnais (pour accompagner les poires !). Le quartier manque de commerces de proximité, souvent remplacés par des banques. Pas très motivant pour les habitants, perplexes devant la tournure que prend le projet du Confluent.

 

Ma suppléante Marie-Claude Masurel, qui préside aux destinées de la crèche associative du quartier, et mon ami Emmanuel (ici en photo) sont ici chez eux. Habitué de ce marché depuis toujours, je ne suis pas peu fier d’entendre “vous au moins, on ne vous voit pas que pour les élections”.

 

Dimanche 10h45 place Carnot. Je retrouve Pierre et Serge. Des militants solides, bosseurs. Ils me rendent compte : là encore, excellent accueil. En discutant avec les commerçants (je retrouve une vieille connaissance, producteur à Solaize, le roi du poireau “Bleu de Solaize” : feuillage vert bleuté, fût volumineux ; c’est une variété d’hiver très résistante au froid), je constate avec plaisir que le marché “produits fermiers” du mercredi après-midi, dont j’avais pris l’initiative en 2000, n’a fait aucun tort à celui du dimanche. Au contraire. Détail triste : deux personnes qui fouillent des cartons de produits invendus et rejetés. C’est une réalité : les circuits de distribution de produits frais les rendent onéreux pour les personnes à  revenus modestes.

 

11h : fin de ce parcours tout de fraîcheur et de cordialité. J’ai mon rendez-vous du dimanche du côté d’Ainay. Puis en famille avec poires et fromage.