On se fait une toile ?

Heureux comme un lundi matin, les habitués du Café des Commerçants, place Antoine Vollon : l’antiquaire, le numismate, des artisans qui travaillent dans le coin, des pères de famille qui ont accompagné les enfants à l’école, des affairés … Et aussi Jacques Truphémus. Un peintre, qui travaille dans son atelier de la rue Bizolon. Discret comme un retraité de passage. Mais un grand de la peinture d’aujourd’hui. Il a créé à Lyon en 1949 le courant du “sansisme”, avec ses amis des Beaux-Arts : Fusaro, Cottavoz, Chaix, Coquet… Les “sansistes” récusaient tout classement académique en “-isme”. Ils ont donc limité leur salon à deux saisons, précisément pour éviter de créer un nouveau “-isme”.

Truphémus peint inlassablement le rayonnement intemporel de l’intime : des scènes de bistrots, son atelier, des natures mortes, des intérieurs pleins de douceur, des paysages de Lyon et des Cévennes, où il se retire - absolument seul - six mois par an. Sa galerie d’attache : la Galerie Claude-Bernard, à Paris (rue des Beaux-Arts : ça ne s’invente pas). Quelques oeuvres aussi au musée des Beaux-Arts de Lyon et au musée Paul Dini à Villefranche.

Jacques Truphémus : “la servante accoudée au bar” - Avec l’autorisation du peintre.

Ce matin, il me parle de sa prochaine expo. C’est à Chateauroux, du 29 février au 4 mai, au Couvent des Cordeliers. Comme tout le monde ne va pas à Chateauroux, et avec son accord, je vous livre ici une des oeuvres exposées : “La servante accoudée au bar”. La journée commence bien, non ?