Le pain, le sel et le baron

C’est avec le pain et le sel, antique et magnifique tradition, que je suis accueilli par Michel Sanjian, président de la section lyonnaise de l’Union Générale Arménienne de Bienfaisance (UGAB), lors de l’inauguration de ses locaux rénovés situés 12 rue Emile Zola. Dès l’entrée je retrouve mon amie Jeanine Paloulian, figure du journalisme lyonnais.

En présence des dirigeants européens et nationaux de l’UGAB, ainsi que de nombreux responsables laïcs et religieux de la communauté arménienne de la région lyonnaise, le maire de Lyon a rappelé l’ancienneté, la qualité et l’actualité de la présence arménienne à Lyon. En Presqu’île, cette présence est forte : fondation Bullukian place Bellecour (aujourd’hui la “Maison des Ecritures”), mémorial du génocide arménien place Antonin Poncet, UGAB rue Emile Zola et, pendant des années, siège de l’association de coopération Lyon-Erevan rue de Condé.

Pour la petite histoire, et si j’ai bien entendu le propos du président de l’UGAB pour l’Europe, “Monsieur le maire Gérard Collomb” se dit en arménien : “Baron Gérard Collomb” ; ça ne s’invente pas.

Après les discours protocolaires, je ne vois plus le temps passer, tant les échanges avec les représentants de la communauté arménienne sont denses et passionnants.

Si l’ancrage patriotique reste viscéral chez chacun, c’est toujours au nom d’une conscience historique rationnelle et d’une forte capacité de compréhension des enjeux géopolitiques contemporains, très loin d’une victimisation stérile.

C’est sans doute une des clés de l’exemplaire capacité de promotion culturelle et professionnelle des Arméniens de Lyon depuis près d’un siècle : leur citoyenneté française et lyonnaise se nourrit de leur profond enracinement dans l’une des plus anciennes civilisations de notre ère.